Histoire de l’association
"La société est tranquille, même si les choses commencent à changer. C'est la révolution tranquille. L'Église relâche son emprise. Le Québec s'ouvre à l'extérieur. La culture québécoise sort de l'ombre, le Québec se modernise... nous sommes en 1962. C'est dans ce contexte que quelques jeunes gens débarquent à Montréal, un beau jour d'octobre 1962. Des amis avaient eu vent du travail des petits frères des Pauvres de Chicago. Le père Émile Legault, grand éveilleur culturel des québécois, était tombé sur un numéro spécial de la revue française «Fêtes et Saisons» où il était question d'amour, de fêtes, de diamant, de folies, de fleurs, d'affection, de Noël, de bouquets de violettes au mois de décembre...
Des jeunes Montréalais reviennent de Chicago très impressionnés. L'Amérique du Nord prospère et dominante cache de vilaines taches grises, des poches de pauvreté qui contrastent violemment avec le confort ambiant. Dans ce contexte, il n'est pas conseillé d'être pauvre, encore moins d'être vieux."

Mario Cipriani et Hubert de Ravinel |
Voilà ce que raconte Hubert de Ravinel, envoyé spécial d'Armand Marquiset à Montréal. Il poursuit :
"Ce qui frappe les gens, c'est le statut des petits frères des Pauvres, leur style de vie. Est-ce que ce sont des religieux? Ils habitent dans un drôle de quartier sur la rue Bleury. Une ancienne maison de chambres tout en escaliers et en passages, près des parkings et des tavernes. Quelques chambres très simples, une chapelle calme et des fleurs naturelles pour bien refléter la devise "Des fleurs avant le pain".
Lorsque les petits frères des Pauvres furent bien installés à Montréal, ils éprouvèrent, comme tout bon Montréalais, l'envie subite de déménager... C'est là un signe de bonne intégration et le mois de mai 1968 vit plusieurs camions se diriger de la rue Bleury vers la grande maison de la rue Garnier, sise bien au cœur du Plateau Mont-Royal.
En 1968, des femmes se joignent au groupe et avec le temps, le mouvement s'éloigne du concept religieux et s'oriente progressivement vers le service aux Pauvres dans un sens humanitaire élargi.
L'organisme s'est développé et les mêmes préceptes d'amour, de partage, de chaleur et de présence sont au cœur de son action à Sherbrooke, à Québec, à Matane, au Saguenay, à Lac-Mégantic et à Trois-Rivières.